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Et si on se préoccupait de notre santé mentale ?

« Il n’y a pas de santé sans santé mentale », c’est ce que dit l’Organisation mondiale de la santé et Strasbourg l’a prise au mot. C’est une première en France depuis ce mois d’octobre avec l’ouverture de la Maison de la santé mentale à Strasbourg. Si on doit décrire ce lieu comme un lieu de science, Carine Fraiser, sa première salariée, nous explique : « c’est un laboratoire de savoirs expérientiels qui se base sur la science des biographies humaines comme outil de dé stigmatisation ». Elle nous présente ce nouveau dispositif comme un centre d’accueil et d’écoute inconditionnelle entièrement gratuit pour répondre à toutes les questions concernant la santé mentale. Pour les plus timides, de la documentation sur chaque trouble psychique est également disponible en libre-service, proposée par plusieurs structures avec lesquelles travaille la Maison de la santé mentale. Ici la science n’est pas le résultat d’expérience en laboratoire, mais celui du parcours de vie des bénévoles et salariés présents dont environ 80% sont directement concernés par des troubles psychiques, avec l’aide de quelques professionnels de santé en arrière-plan également. Cette transmission de savoir expérientiel est selon Carine une réelle force, car elle permet de créer un espace libre de tout jugement au sein duquel les personnes les plus vulnérables se livrent naturellement et peuvent être redirigées vers des associations spécialisées. Elle est elle-même concernée par un TDAH (Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) non pris en charge par un système de santé et de psychiatrie débordé auquel s’est ajouté plus tard un trouble borderline. Carine découvre l’initiative de la Maison de la santé mentale en 2020 menée par Marie-Agnès et sa fille Millie, atteintes du trouble bipolaire. Ce n’est qu’en avril 2025 qu’elle rejoint officiellement l’aventure et elle ne s’est pas arrêtée depuis : environ 600 personnes ont déjà été accueillies dans les locaux et les évènements ne cessent de s’enchainer. Les prochains en date comme un atelier aquarelle « Carte de vœux pour soi m’aime » résonnent notamment avec les difficultés que beaucoup de personnes peuvent ressentir à l’approche des fêtes. D’autres évènements comme l’exposition « Archéïdolie » d’une artiste peintre bipolaire sont proposés sur une plus longue durée au sein de ses locaux. Pour bien commencer l’année 2026, Carine nous invite finalement à bras ouverts à un évènement organisé au café philo sur le thème du « Lien sacrifié : l’animal, premier modèle de notre aliénation sociale » le 9 janvier à la Maison de la santé mentale. Si la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale en 2025, il demeure encore de trop nombreux tabous autour de cette réalité. La Maison pour la santé mentale offre un véritable souffle d’espoir et nous rappelle que les premières personnes concernées sont également les plus susceptibles d’apporter de réelles solutions dans le but de prévenir, sensibiliser et éduquer.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
laleeherrmann (17 décembre 2025). Et si on se préoccupait de notre santé mentale ? Le Grand public. Consulté le 17 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15dea


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